Innover pour une communauté aux Galapagos avec le design thinking

Un an après le premier départ des élèves Innovacteurs de la promotion 2016, retour sur l’île de Darwin. Avec une arrivée sous 30°C parmi les lions de mer, le dépaysement est assuré. Direction le Village de El Progresso sur les hauteurs de l’île.

Lors du premier projet en 2016, les élèves avaient mis en place, avec l’aide de la communauté et en utilisant des méthodes de design thinking, un système permettant un accès à l’eau potable à domicile.

Un rapide état des lieux de l’accès à l’eau potable au sein de la communauté de El Progreso a donc été réalisé : la municipalité a mis en place une usine de traitement flambante neuve il y a trois ans qui fournit de l’eau 2 heures par jour aux villageois, via le réseau municipal. Cependant, celui-ci a plus de 30 ans et son mauvais état re-contamine en partie l’eau. Il faut aussi préciser que, du fait d’un service discontinu, les gens ont pour la plupart mis en place des systèmes de stockage, en installant des citernes à eau derrière leurs maisons. Lesquels citernes ne reçoivent pas toujours l’entretien nécessaire. Pour ces deux raisons, l’eau délivrée au robinet ne peut pas être considérée comme potable.

Pour subvenir à leurs besoins en eau de boisson, deux solutions ont émergé au sein de la communauté. Certains ont choisi de faire bouillir l’eau pour la consommer, tandis que les autres utilisent un service de livraison de bidons.

La solution technique pensée avec la communauté en partenariat avec le Laboratoire Eau Environnement et Systèmes Urbains (LEESU) de l’ENPC et de l’UPEC (Créteil) et l’université San Francisco de Quito (USFQ) lors du premier projet, est composée de deux filtres installés entre la citerne et le robinet des usagers. Cette solution a été testée pendant quasiment un an, avec des tests réguliers effectués par l’USFQ, pour garantir la qualité de l’eau.

Trouver une solution technique, c’est bien, mais encore faut-il par la suite développer le service de distribution qui l’accompagne. C’est ainsi que 3 ingénieurs de l’ENPC et de la d.school Paris et 3 élèves de l’USFQ se sont lancés dans l’aventure. L’objectif de cette première phase de terrain était par le biais d’études ethnographiques, d’activités avec la communauté et de comparaison avec des services présents sur l’île de comprendre les besoins et les attentes de la population vis à vis d’un service d’eau. L’objectif ? Rien de moins que concevoir le meilleur service pour ces filtres et pour cette communauté.

Au cours de cette mission, la structure, créée lors de la précédente mission La Liga del Agua, a été refondée. Trois personnes sont maintenant impliquées totalement dans le processus de création de cette micro entreprise : Yaneth, Pedro et Gladys. Ils ont conçu, avec l’aide des étudiants et des deux coachs de design thinking et entreprenariat Andres et Mélanie, le premier modèle du service.
Cette première ébauche a été présentée à la communauté, sous la forme d’un storytelling et d’une pièce de théâtre. Fort des retours de cette présentation, La Liga del Agua et les étudiants se sont fixés des objectifs clairs pour le mois qui suit : trouver un système de paiement adapté, former les membres de Liga del Agua pour qu’ils soient prêts à assumer leurs responsabilités dès juin 2017, réfléchir autour du statut juridique de la structure, et des modes du financement et communiquer autour du prototype installé.

La seconde mission, prévue pour avril, s’annonce passionnante avec une phase d’implémentation et une phase de test au programme.

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